De Addis Ababa à Arbaminch – 4 jours, 447 km

Nous avons quitté Addis Ababa en convoi, avec les camions de support du Tour d’Afrique à l’avant et à l’arrière du groupe et des cyclistes éthiopiens (généralement sans casque!) pour bloquer les véhicules en provenance des rues transversales. Comme tous les convois que nous avons faits à date, cette expérience était pénible, mais très bénéfique à notre sécurité, la circulation autour d’Addis étant assez chaotique.

Les quatre jours qui allaient nous amener à Arbaminch ont été plus difficiles que prévus, car on s’attendait à ce que le terrain soit relativement plat une fois passés la capitale éthiopienne, et on avait quand même des journées avec plus de 1000 m de montées. De mon côté, j’avais aussi un rhume, qui allait éventuellement se transformer en infection de la gorge et des sinus… pas de quoi aider à mon niveau d’énergie, même si j’ai réussi à rouler toute la distance.

Nous avons au moins pu profiter des bons jus de fruits frais pressés de l’Éthiopie à quelques reprises, et on ne se privait pas trop… quand ça coûte à peine 0,50$ pour un bock à bière rempli de jus frais, pourquoi se contenter d’un seul? Et quand, 100 m dépassé le bar à jus où on est arrêté pendant le trajet de vélo, on voit un café qui vend des gâteaux, pourquoi passer son tour? On est allés chercher notre énergie là où on pouvait… La quatrième journée, on est aussi passés dans des plantations de bananes, et nous pouvions acheter des bananes fraichement cueillies à bon prix. C’est vraiment meilleur que les bananes mûries dans le transport que l’on retrouve au Québec.

Arbaminch

Nous campions à Arbaminch, la principale ville du Sud-Ouest de l’Éthiopie, pour notre journée de repos. En arrivant au camping, je me suis dépêché de monter ma tente, puis j’ai réparé les fermetures éclair : une des deux portes ouvrait uniquement au tiers, et l’autre, à un peu plus que la moitié – pas de quoi que je pouvais endurer encore bien longtemps, surtout pas jusqu’en Afrique du Sud. Du WD-40, des pinces à sourcil, une brosse à dent, de l’eau savonneuse et beaucoup de patience ont été nécessaires, mais j’en suis venu à bout, et mes deux portes ouvrent maintenant à 100%. Soulagé que ma réparation ait fonctionné, j’ai pris ma dixième douche en six semaines (on se lave à l’eau courante quand on peut). Je suis ensuite allé manger mon premier souper de la journée, puis, deux heures plus tard, mon deuxième.

Le lendemain matin, je suis allé dans un café internet pour mettre mon blogue à jour et répondre à quelques courriels, puis, en après-midi, j’ai joint un petit groupe qui se rendait au lac Chamo pour une excursion en bateau.

Lac Chamo et Crocodile Market

Nous nous sommes rendus en taxi au lac Chamo, où nous avons pris un bateau avec deux touristes néerlandais amateurs d’oiseaux. Nous nous sommes ensuite dirigés vers le Crocodile Market, une plage où les crocodiles vont se faire dorer au soleil qui est, selon le Lonely Planet, un des meilleurs endroits pour les observer en Afrique. Nous n’avons pas été déçus : nous avons vu une foule de crocodiles, mais aussi des hippopotames, des pélicans, et certaines espèces d’oiseaux rares selon les ornithologues amateurs présents sur le bateau.

En vrac

  • Ce voyage me permet de découvrir à quel point les débarbouillettes pour bébés (baby wipes), c’est génial. En plus de nous permettre de nous laver quand on n’a pas accès à l’eau courante, elles peuvent servir de substitut aux papiers mouchoirs… ça fait beaucoup moins mal quand on a le rhume, et ça évite d’assécher davantage un nez déjà endommagé par le soleil.
  • Je ne vous ai pas vraiment parlé de la nourriture que nous mangeons à tous les jours à date, alors je vais faire ça maintenant…
    • Le matin, il y a toujours du pain, du beurre d’arachides et de la confiture, accompagnés soit de gruau, ou, une fois sur quatre environ, de muesli. Les jours de gruau, je me contente d’un sandwich au beurre d’arachide et à la confiture, parce que je fais une écoeurantite de gruau. Je pense qu’à mon retour au Québec, ça va prendre du temps avant que je remange des flocons d’avoine autrement que sous forme de croustade, de carrés aux dates ou de biscuits.
    • Le midi, on se fait des sandwichs avec du pain, du beurre d’arachides, de la confiture, et, dépendant des jours, du fromage (parfois La vache qui rit!), des tomates, du thon, du steak haché ou d’autres sources de protéines.
    • En arrivant au camp, on a de la soupe à volonté.
    • Au souper, on mange très bien, beaucoup mieux qu’à la maison pour la plupart d’entre nous. L’équipement de cuisine de nos cuisiniers est limité, et on mange donc souvent des plats mijotés, mais on a toujours des féculents et des fruits/légumes en accompagnement. Quand on est chanceux, on a même de la viande cuite sur charbon de bois, comme illustré par une photo ci-dessous. Je trouve que nos cooks font un excellent travail pour nous nourrir.

En chiffres

Distance parcourue en quatre jours : 447 km
Nombre d’heures sur le vélo : 23
Calories brûlées : 10 500

En photos

Livraison de bidons d'eau remplis à la source du village à l'aide d'un âne. Je ne voudrais pas être l'âne sur la photo...

Route à-travers une plantation de bananes

Crocodiles et pélicans sur le bord du lac Chamo

Cuisson du poulet pour notre souper... miam!

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4 réponses à De Addis Ababa à Arbaminch – 4 jours, 447 km

  1. Parlons baby wipes….En effet, très utile pour nettoyer la moutarde…de bébé!!! Bon appétit tout le monde!

    Coté nouvelles au Québec…Après la pluie, la tempête de neige du temps des sucres…Je m’explique pour les non connaissants. Le sucre d’érable tombe du ciel quelque part au mois de mars (une neige lourde dans le style de celle du 24-25 décembre) et à partir de ce moment-là, les papilles gustatives ne se peuvent plus. On doit manger de la tire sur la neige, des grands-pères au sirop et du beurre d’érable sur nos toasts pour assouvir un réel besoin… C’est dans le sang des « Morins » en tout cas!!! Ta nièce, elle, grandit bien vite. Elle rit aux éclats, joue à coucou et a dit maman pour la première fois le 4 mars…un grand jour. Elle ne dit pas encore papa ni mon oncle Pierre-Luc mais je travaille ça pas mal fort pour ton retour!!!

    Bonne continuation!

    Mireille et Sarah-Jade

    p.s. Si on trouve une petite place dans le congélo, on te garde de la neige pour ta ration de tire au retour.

    • Pierre-Luc Soucy dit :

      Ça me donne faim, toutes ces mentions de produits de l’érable! Je vais prendre mon mal en patience et je vivrai mon propre temps des sucres à mon retour en mai; j’aurai sûrement du poids à prendre rendu à ce moment-là de toutes façons, alors ça va bien tomber!

      Content de voir que ma nièce a déjà dit son premier mot! Au plaisir de « jaser » avec elle en mai/juin! 🙂

  2. Jonathan Sevigny dit :

    Ça fait du bien au moral de voir de la verdure… On a eu une trentaine de centimètres de neige cette nuit et ce matin à St-Hyacinthe. Assez démoralisant…

    • Pierre-Luc Soucy dit :

      Je suis sûr que ça a fait le bonheur de bien des skieurs par contre! D’ici un mois ou deux, la verdure devrait revenir au Québec…

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